Le divorce ne fait pas disparaître automatiquement le droit à une pension de réversion. L’ex-conjoint peut encore recevoir une fraction de la retraite de la personne décédée, à condition de respecter les règles du régime concerné. Le mariage, l’âge, les ressources, le remariage et la durée de l’union sont les principaux critères à vérifier. Le montant correspond généralement à 54 % de la retraite au régime général, 60 % à l’Agirc-Arrco et 50 % dans la fonction publique, avant éventuel partage entre bénéficiaires. Les conditions de chaque régime sont comparées ci-dessous afin de distinguer rapidement les droits ouverts, les limites et les démarches utiles.
La demande n’est jamais automatique : identifier les caisses du défunt et réunir les justificatifs permet de réduire les risques de retard ou de refus.
📊 REPÈRES DE DROITS
Après un divorce, l’ex-conjoint peut obtenir une pension de réversion s’il remplit les conditions du régime du défunt.
En cas de divorce, ai-je droit à la pension de réversion ?
Le divorce ne supprime pas, à lui seul, la possibilité d’obtenir une pension de réversion. L’ex-conjoint reste potentiellement bénéficiaire de la retraite de son ancien époux ou ancienne épouse, sous réserve des conditions propres à chaque caisse. Le régime général, l’Agirc-Arrco et la fonction publique reconnaissent le principe du droit de l’ex-conjoint marié, mais n’appliquent pas les mêmes règles d’âge, de ressources ou de remariage.
Le divorce supprime-t-il la pension de réversion
Une séparation suivie d’un divorce met fin au mariage, mais elle ne fait pas disparaître rétroactivement les droits à réversion. Si l’ex-conjoint décède, l’ancien conjoint peut déposer une demande auprès des régimes auxquels il était affilié. En présence de plusieurs ex-conjoints, la caisse examine les droits de chacun et peut répartir la pension selon la durée des mariages. Le versement dépend toutefois des conditions en vigueur à la date du décès et des justificatifs fournis.
Faut-il avoir été marié pour toucher la pension de réversion
Le mariage est une condition incontournable. Il faut établir que le demandeur a bien été marié avec la personne décédée, même si le mariage a pris fin avant le décès. Un acte de mariage portant la mention du divorce, un livret de famille ou une décision judiciaire peut être demandé. La durée du mariage n’est pas toujours déterminante, mais certains régimes prévoient un minimum, notamment en l’absence d’enfant.
Pacs et concubinage, pourquoi ils ne donnent pas droit à la réversion
Le Pacs et le concubinage ne créent pas de droit à la pension de réversion. Un partenaire pacsé ou un concubin ne peut donc pas réclamer la part de retraite du défunt sur ce seul fondement. Cette exclusion concerne notamment l’Assurance retraite, l’Agirc-Arrco et la fonction publique. Le droit repose sur le mariage passé ou actuel, non sur la durée de la vie commune ni sur l’existence d’un domicile partagé.
Quelles conditions faut-il remplir après un divorce ?
Après un divorce, l’ex-conjoint doit vérifier séparément les règles de chaque régime. Une même personne peut avoir droit à une réversion de l’Assurance retraite, mais pas encore à celle de l’Agirc-Arrco si elle n’a pas atteint l’âge requis, ou inversement. Le dossier doit donc préciser les caisses du défunt, la date de chaque mariage, les éventuelles nouvelles unions et la situation familiale du demandeur.
Les règles d’âge selon les régimes
Dans le régime général, la pension de réversion est en principe accessible à partir de 55 ans. À l’Agirc-Arrco, le même âge s’applique lorsque le décès est intervenu depuis le 1er janvier 2019. Des exceptions permettent toutefois une attribution sans attendre cet âge lorsque l’ex-conjoint a au moins deux enfants à charge ou se trouve en situation d’invalidité. La fonction publique ne prévoit pas de condition d’âge pour la réversion, sous réserve des autres critères statutaires.
Quelles sont les conditions de ressources pour la pension de réversion
L’Assurance retraite examine les ressources du demandeur et de son ménage. Pour 2025, le plafond annuel brut est fixé à 24 710,40 euros pour une personne seule et à 39 536,64 euros pour une personne vivant en couple. Un dépassement peut entraîner une réduction ou un refus. L’Agirc-Arrco verse sa réversion sans condition de ressources. Dans la fonction publique, aucune condition de ressources ne s’applique pour ouvrir le droit, mais un complément éventuel peut dépendre des revenus et être porté jusqu’au montant de l’ASPA.
Les durées minimales de mariage dans certains régimes
La fonction publique exige notamment quatre années de mariage lorsqu’aucun enfant n’est issu de l’union, sauf si une autre condition réglementaire est remplie. Le mariage doit aussi avoir été célébré au moins deux ans avant la retraite du fonctionnaire, ou avant l’événement à l’origine de la retraite pour invalidité ou du décès, selon la situation. D’autres régimes peuvent prévoir une durée minimale, comme le régime des avocats qui peut retenir cinq années. Les statuts de la caisse doivent être consultés avant toute conclusion.
POINT DE VIGILANCE
« Une demande unique peut couvrir plusieurs régimes, mais chaque caisse conserve ses propres règles. Reconstituer la carrière du défunt avant de déposer le dossier évite de passer à côté d’une retraite complémentaire ou d’un ancien régime. »
— Selon les recommandations pratiques de l’Assurance retraite
Peut-on toucher la pension de réversion après remariage ?
Le remariage de l’ex-conjoint est un point sensible, car les conséquences varient fortement selon la caisse. Il faut distinguer la réversion du régime général, celle de la retraite complémentaire et celle de la fonction publique. Une nouvelle union ne doit pas être omise dans la demande, même lorsqu’elle a cessé depuis plusieurs années, car elle peut modifier l’ouverture du droit ou le maintien des paiements.
Le remariage de l’ex-conjoint survivant selon le régime général, l’Agirc-Arrco et la fonction publique
Au régime général, le remariage n’empêche pas forcément l’attribution de la réversion, mais les revenus du nouveau couple peuvent modifier le montant en raison du plafond de ressources. À l’Agirc-Arrco, le remariage empêche l’attribution et entraîne la suppression définitive d’une pension déjà versée. Dans la fonction publique, la nouvelle union peut suspendre ou faire perdre le droit. Une récupération est parfois possible après divorce, veuvage ou cessation de vie maritale, sur demande et si aucune autre pension ne fait obstacle.
Le remariage du défunt change-t-il les droits de l’ex-conjoint
Le remariage du défunt ne supprime pas automatiquement les droits de l’ancien conjoint. Lorsque plusieurs personnes ont été mariées successivement avec lui, la pension peut être partagée entre l’ex-conjoint et le conjoint présent au décès. Le conjoint actuel ne bénéficie donc pas nécessairement de la totalité de la réversion. La caisse vérifie les mariages, les dates de début et de fin, ainsi que les conditions remplies par chaque demandeur.
La pension de réversion est-elle partagée entre ex-conjoints ?
Lorsque le défunt a connu plusieurs mariages, une seule pension de réversion peut être répartie entre plusieurs bénéficiaires. Le partage concerne les personnes qui remplissent les conditions de leur régime, qu’elles soient encore célibataires, remariées ou titulaires d’une autre situation familiale selon les règles applicables. Une caisse ne répartit pas automatiquement une pension entre toutes les anciennes unions si certains ex-conjoints ne déposent pas de demande ou ne remplissent pas les critères.
La répartition entre conjoint actuel et ex-conjoints

Le conjoint actuel et les ex-conjoints éligibles peuvent recevoir chacun une fraction de la pension correspondant au régime concerné. Le partage ne signifie pas que chaque bénéficiaire reçoit le même montant. La caisse tient compte de la durée des mariages successifs et procède à ses propres vérifications. Le montant versé à un bénéficiaire peut aussi être limité par les ressources lorsqu’il s’agit de l’Assurance retraite.
Le partage au prorata de la durée de chaque mariage

Le calcul suit en général un prorata : la durée du mariage de chaque bénéficiaire est comparée à la durée totale des mariages du défunt. Par exemple, une union ayant duré dix ans représente une fraction différente d’une union ayant duré vingt ans. Les périodes doivent être établies avec des dates précises, car une journée de début ou de fin mal renseignée peut modifier la répartition. Au décès d’un bénéficiaire, sa part peut être redistribuée entre les autres selon le régime.
Quel est le montant de la pension de réversion après divorce ?
Le montant dépend d’abord du régime de retraite et de la pension que le défunt percevait ou aurait pu percevoir. Il ne correspond pas à une somme forfaitaire identique pour tous les ex-conjoints. Le taux théorique est ensuite ajusté par les ressources, le partage entre mariages et les éventuels plafonds ou planchers. Une estimation fiable nécessite donc les relevés de carrière et les montants de retraite de chaque caisse.
Le pourcentage versé selon le régime de retraite
L’Assurance retraite applique un taux de 54 % de la retraite de base du défunt. L’Agirc-Arrco retient 60 % de la retraite complémentaire, tandis que la fonction publique verse en principe 50 % de la pension civile ou militaire que le fonctionnaire percevait ou aurait pu obtenir. Ces taux ne doivent pas être additionnés directement : ils s’appliquent à des pensions distinctes. Des majorations ou compléments peuvent exister dans certaines situations.
Comment est calculée la pension de réversion après divorce
La caisse part du montant de retraite de référence, applique le taux correspondant, puis examine les règles particulières. En cas de plusieurs mariages, la fraction obtenue est répartie au prorata de leur durée. Dans la fonction publique, le montant peut être augmenté de la moitié de la majoration pour enfants et de la moitié d’une rente viagère d’invalidité. La majoration pour aide d’une tierce personne n’est pas réversible.
L’impact des ressources ou du partage sur le montant versé
Au régime général, les ressources peuvent réduire la pension lorsque le plafond est dépassé, tandis que l’Agirc-Arrco ne les prend pas en compte. Le partage entre plusieurs conjoints diminue aussi la somme individuelle, sans changer le taux global de la pension. Pour les dossiers complexes, un simulateur interrégimes permet d’obtenir une première estimation, mais seule la caisse peut confirmer le montant après instruction des pièces.
Les règles à connaître selon le régime de retraite du défunt
La caisse d’affiliation du défunt constitue le premier élément à identifier. Une carrière peut relever simultanément de l’Assurance retraite, de l’Agirc-Arrco, de la fonction publique ou d’un régime spécial. Les réponses apportées par une caisse ne valent pas nécessairement pour les autres. La date du décès est également déterminante, notamment pour les règles Agirc-Arrco applicables depuis 2019 et les conditions de certains compléments publics.
Le cas du régime général et de l’Assurance retraite
L’Assurance retraite réserve la réversion aux personnes ayant été mariées avec le défunt. L’accès est soumis à une condition d’âge généralement fixée à 55 ans et à un plafond de ressources. Le taux est de 54 % de la retraite de base. Le divorce ne bloque pas la demande, mais les périodes de mariage et les éventuels ex-conjoints doivent être déclarés. Lorsque le défunt a cotisé à plusieurs régimes, le service de demande et un simulateur peuvent aider à repérer les interlocuteurs concernés.
Les spécificités de l’Agirc-Arrco
La réversion Agirc-Arrco est attribuée sans condition de ressources aux personnes ayant été mariées avec le défunt. Pour un décès depuis le 1er janvier 2019, l’âge habituel est 55 ans. Une attribution sans condition d’âge peut intervenir en présence de deux enfants à charge ou d’une invalidité reconnue. Les enfants concernés peuvent être mineurs, étudiants ou apprentis jusqu’à 25 ans, demandeurs d’emploi non indemnisés ou invalides selon les critères de la caisse. Le remariage supprime définitivement la pension.
Les situations particulières dans la fonction publique
La fonction publique verse en principe 50 % de la pension du fonctionnaire, sans condition d’âge ni de ressources. Le demandeur doit avoir été marié et remplir au moins une condition, comme avoir eu un enfant du mariage, avoir été marié quatre ans ou avoir célébré le mariage avant certains événements liés à la retraite ou au décès. Une nouvelle union peut suspendre le droit. Un complément lié aux ressources peut atteindre l’ASPA, sous réserve notamment d’une résidence stable en France ou dans certaines collectivités ultramarines pour les demandes déposées après le 1er janvier 2025.
Comment demander la pension de réversion après le décès de son ex-conjoint ?
La demande doit être engagée auprès des régimes du défunt, même si l’ex-conjoint pense être connu des caisses. Le dépôt peut se faire en ligne pour plusieurs régimes ou au moyen des formulaires de chaque organisme. La date de dépôt compte pour le point de départ de la pension et les éventuels rappels. Un dossier complet facilite l’instruction, surtout lorsque le défunt a été marié plusieurs fois ou a changé de statut professionnel.
Les pièces à réunir pour éviter un refus de dossier
Préparez une pièce d’identité, un relevé d’identité bancaire, l’acte de décès, le livret de famille et les actes de mariage portant les mentions de divorce. Les justificatifs de ressources sont indispensables pour l’Assurance retraite, tout comme les documents concernant les enfants à charge ou l’invalidité pour une réversion Agirc-Arrco sans condition d’âge. Une décision de justice, un acte de remariage ou un justificatif de cessation de vie commune peut être demandé dans les situations particulières.
Les délais à respecter pour déposer une demande
Il faut déposer la demande dès que possible après le décès, en indiquant la date souhaitée de prise d’effet. Les caisses peuvent demander des compléments et les délais s’allongent lorsque les mariages successifs ne sont pas documentés. Une relance écrite avec le numéro de dossier permet de conserver une trace des échanges. Pour une situation mêlant divorce, remariage, fonction publique et pluralité de bénéficiaires, l’avis d’un professionnel des retraites ou d’un fiscaliste peut sécuriser les choix sans retarder le dépôt initial.
Après un divorce, la pension de réversion reste possible si le mariage avec le défunt est prouvé et si les règles du régime sont respectées. L’âge, les ressources et le remariage sont déterminants, tandis que le taux varie de 50 % à 60 % selon la caisse. En présence de plusieurs conjoints, la durée de chaque mariage peut réduire la part individuelle. La demande doit être adressée rapidement, avec les actes d’état civil, les justificatifs de ressources et les documents de carrière disponibles.





