Faire une demande de divorce commence par le choix d’une procédure adaptée à l’accord entre les époux, à la présence d’enfants et aux éventuels désaccords financiers. En France, l’avocat est obligatoire pour chacun des époux, y compris dans un divorce amiable. La procédure peut être extrajudiciaire lorsque les deux conjoints s’accordent sur le principe et les conséquences, ou contentieuse en cas de conflit. Les principales étapes concernent le choix du divorce, la préparation des pièces, la rédaction de la convention ou l’assignation, puis le règlement des questions liées aux enfants et au patrimoine. La première consultation permet de sécuriser l’orientation et le calendrier du dossier.
📊 Repères essentiels
La demande passe par un avocat, puis par un notaire ou le juge selon l’accord et la situation des époux
Comment faire une demande de divorce selon votre situation
La première étape consiste à exposer précisément la situation familiale et patrimoniale à un avocat en droit de la famille. Le choix dépend principalement de l’accord entre les époux. Le divorce par consentement mutuel suppose un accord complet sur la rupture, les enfants, les pensions, le partage des biens et la prestation compensatoire. Depuis 2017, la convention peut être déposée chez un notaire sans audience devant le juge, sauf exceptions.
Lorsque l’accord est impossible, trois procédures contentieuses existent. Le divorce pour faute concerne une violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage. L’altération définitive du lien conjugal repose sur une séparation de fait d’au moins un an. Le divorce accepté intervient lorsque le principe de la rupture est admis, mais que ses conséquences restent contestées. Depuis 2021, la demande de l’avocat introduit directement l’instance, sans requête préalable destinée à provoquer une audience de conciliation.
Choisir le type de divorce adapté à votre situation
Un accord complet et stable oriente généralement vers le consentement mutuel. Les époux doivent toutefois mesurer les conséquences de chaque clause, notamment sur la résidence des enfants, la contribution à leur entretien, le partage des comptes et les dettes. Un enfant mineur qui demande à être entendu par le juge fait sortir le dossier de la voie notariale. Il en va de même lorsqu’un époux fait l’objet d’une mesure de protection juridique, comme une tutelle ou une curatelle.
En cas de désaccord, l’avocat vérifie les conditions du divorce envisagé et les éléments permettant de le démontrer. Une séparation d’un an doit être étayée par des baux distincts, des factures séparées ou des attestations. Une faute doit reposer sur des preuves licites, par exemple des témoignages, des courriels, des SMS ou un constat. La qualification retenue peut évoluer pendant la procédure selon les échanges entre les parties et les preuves disponibles.
Faut-il obligatoirement avoir un avocat pour demander le divorce ?
Oui. Chaque époux doit avoir son propre avocat, y compris pour un divorce amiable. Un seul professionnel ne peut pas représenter les deux conjoints, car leurs intérêts peuvent diverger sur une pension, un bien immobilier ou l’organisation de la vie des enfants. Dans la procédure extrajudiciaire, les deux avocats rédigent et contrôlent la convention avant sa signature. Dans une procédure contentieuse, l’avocat prépare l’assignation, formule les demandes et suit les audiences.
Les échanges avec le cabinet peuvent se dérouler à distance, mais les actes formels doivent respecter des règles précises. Les honoraires sont fixés avec l’avocat dans une convention d’honoraires. Un divorce amiable peut être proposé à partir de 360 euros TTC par certains services privés, mais ce montant ne constitue pas un tarif général. L’aide juridictionnelle peut prendre en charge une partie des frais selon les ressources et la situation du demandeur.
Quels documents faut-il joindre à une demande de divorce ?
Un dossier complet réduit les demandes de pièces complémentaires et permet à l’avocat d’évaluer plus vite les conséquences du divorce. Les documents d’état civil doivent être demandés suffisamment tôt, car les copies intégrales sont généralement exigées dans une version datant de moins de trois mois. Il faut également réunir les éléments relatifs au logement, aux revenus, aux prestations sociales, aux dettes et au patrimoine.
Les pièces communes à préparer pour constituer le dossier
Les pièces de base comprennent la copie intégrale récente de l’acte de mariage, les actes de naissance des époux et ceux des enfants, ainsi que le livret de famille. Chaque époux fournit aussi une pièce d’identité valide et un justificatif de domicile récent, comme une facture d’énergie ou une quittance de loyer.
La situation financière se documente avec les trois derniers bulletins de salaire, les derniers avis d’imposition, les coordonnées des employeurs, les relevés bancaires et, lorsque cela est utile, les notifications de la CAF. Les cartes Vitales ou attestations de sécurité sociale peuvent compléter le dossier. Les contrats de mariage, titres de propriété, contrats de prêt, tableaux d’amortissement et justificatifs de crédits à la consommation sont indispensables dès que le patrimoine ou les dettes sont discutés.
Les documents spécifiques selon le type de divorce
Le consentement mutuel nécessite le projet de convention préparé par les avocats. Ce document doit régler l’ensemble des effets du divorce et intégrer, si nécessaire, un état liquidatif établi par un notaire lorsqu’un bien immobilier est concerné. Pour une procédure fondée sur la faute, les preuves doivent être obtenues légalement et rester liées aux faits invoqués. Les témoignages, échanges écrits, mains courantes et constats peuvent être examinés par l’avocat.
La personne qui invoque l’altération définitive du lien conjugal réunit les preuves de la séparation effective depuis au moins un an. Dans un divorce accepté, l’acte par lequel les époux reconnaissent le principe de la rupture est ajouté au dossier. L’avocat peut aussi demander des justificatifs sur les besoins et ressources de chacun afin de chiffrer une pension ou une prestation compensatoire.
Comment faire une demande de divorce à l’amiable ?
Le divorce amiable concerne les époux qui s’entendent sur le principe de la rupture et sur toutes ses conséquences. La démarche commence par une consultation séparée avec deux avocats. Ceux-ci vérifient la capacité de chacun à consentir librement, examinent les documents financiers et négocient les clauses nécessaires. La procédure notariale n’est pas adaptée si un enfant mineur demande à être entendu ou si l’un des époux est placé sous protection juridique.
Rédiger et signer la convention de divorce avec les avocats

La convention décrit les accords relatifs aux enfants, à la résidence familiale, aux pensions alimentaires, à la prestation compensatoire, aux dettes et au partage des biens. Lorsqu’un bien immobilier doit être partagé, le notaire intervient pour établir l’état liquidatif. Chaque avocat contrôle la convention pour son client, explique les effets juridiques et s’assure que le consentement est libre et éclairé.
Le projet est adressé aux époux par lettre recommandée avec accusé de réception. Un délai légal de réflexion de quinze jours doit être respecté avant la signature. Les époux signent ensuite la convention avec leurs avocats, selon les modalités organisées par ces derniers. Une modification substantielle peut nécessiter une nouvelle version et un nouveau délai de réflexion.
Déposer la convention de divorce chez le notaire

Après la signature, la convention est transmise au notaire dans le délai prévu par la procédure afin d’être déposée au rang de ses minutes. Le dépôt lui donne date certaine et force exécutoire. Le notaire vérifie notamment le respect des formalités, sans reprendre la négociation menée par les avocats. Une attestation de dépôt permet ensuite de faire effectuer la transcription du divorce sur les actes d’état civil.
Avant de retenir cette voie, il faut vérifier qu’un divorce extrajudiciaire sera reconnu dans les pays où l’un des époux vit, possède des biens ou doit faire modifier son état civil. Les règles étrangères peuvent exiger une homologation ou une procédure complémentaire. En cas de difficulté, les avocats doivent anticiper cette question avant la signature de la convention.
Point de vigilance
« Un accord rapide ne doit pas conduire à négliger la liquidation du patrimoine. Les dettes, garanties d’emprunt et conséquences fiscales doivent être chiffrées avant de signer, car une convention complète évite de déplacer le conflit après le divorce. »
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Comment faire une demande de divorce contentieux ?
Le divorce contentieux concerne les situations dans lesquelles les époux ne parviennent pas à régler ensemble le principe de la rupture ou ses effets. L’avocat prépare la demande et choisit le fondement adapté, notamment l’acceptation du principe, l’altération définitive du lien conjugal ou la faute. La procédure commence par une assignation signifiée par un commissaire de justice, puis se poursuit devant le juge aux affaires familiales compétent.
Saisir le juge aux affaires familiales par assignation
L’assignation présente les demandes de l’époux, les motifs procéduraux et les premières pièces utiles. Elle est délivrée à l’autre conjoint par un commissaire de justice, puis placée auprès du tribunal. Depuis la réforme de 2021, la demande introduit directement l’instance, sans requête préalable suivie d’une audience de conciliation. Chaque partie échange ensuite ses arguments et documents selon le calendrier fixé par la juridiction.
Le divorce pour faute exige de démontrer une violation grave ou renouvelée des obligations du mariage qui rend intolérable le maintien de la vie commune. Les preuves doivent être licites, proportionnées et obtenues sans atteinte illégitime à la vie privée. Une lettre recommandée au conjoint peut matérialiser une démarche, mais elle ne remplace pas l’acte préparé par l’avocat ni l’assignation.
Demander des mesures provisoires pendant la procédure
Le juge peut organiser la période précédant le jugement définitif. Les mesures provisoires peuvent concerner l’attribution du logement familial, la résidence des enfants, le droit de visite, les pensions entre époux ou la contribution à l’entretien des enfants. Elles sont exécutoires de plein droit jusqu’à leur remplacement ou jusqu’au prononcé du divorce.
Pour obtenir une mesure adaptée, il faut fournir des éléments concrets sur les ressources, les charges, les besoins des enfants, les conditions de logement et les éventuels risques familiaux. Un accord partiel peut être trouvé en cours de procédure. Il facilite alors le règlement des conséquences financières et patrimoniales, même si le juge doit encore trancher les points qui restent contestés.
Comment se passe la demande de divorce quand il y a des enfants ?
La présence d’enfants ne bloque pas une demande de divorce, mais elle impose de régler précisément leur résidence, les périodes chez chaque parent, les frais de transport et la contribution financière. Les parents doivent aussi prévoir les décisions importantes relatives à la scolarité, à la santé et aux activités. Dans la convention amiable, ces dispositions sont détaillées puis contrôlées par les avocats.
Un enfant mineur capable de discernement peut demander à être entendu par le juge. Cette demande entraîne une procédure judiciaire de consentement mutuel, même si les parents sont d’accord sur tous les autres points. L’audition ne signifie pas que l’enfant décide de la résidence ou du montant de la pension. Le juge écoute son opinion et conserve son pouvoir d’appréciation dans l’intérêt de l’enfant.
Les justificatifs utiles comprennent les actes de naissance récents, le livret de famille, les justificatifs de revenus et les documents liés aux frais des enfants. Pour une pension alimentaire, le budget mensuel doit distinguer les dépenses régulières des frais exceptionnels. Une situation qui évolue peut conduire à demander ultérieurement une modification des mesures concernant les enfants, selon les règles applicables.
Est-il possible de faire une demande de divorce à distance ou par courrier ?
Les premiers échanges avec un avocat peuvent être réalisés par téléphone, visioconférence ou courrier électronique. Les pièces peuvent souvent être numérisées, puis les originaux transmis lorsque le cabinet ou la juridiction les exige. Une lettre de demande de divorce adressée au conjoint en recommandé avec accusé de réception est possible et peut conserver une trace de la démarche, mais elle ne lance pas à elle seule la procédure judiciaire.
Dans un divorce contentieux, l’assignation doit être établie par l’avocat et signifiée par un commissaire de justice. Un simple courrier envoyé au tribunal ne suffit donc pas. Pour le consentement mutuel extrajudiciaire, la convention doit être rédigée par les avocats, signée dans les conditions légales et déposée chez un notaire. Certaines signatures ou vérifications peuvent nécessiter une présence physique, selon le dossier et les modalités retenues.
Les personnes qui résident à l’étranger doivent signaler leur situation dès le premier rendez-vous. La compétence du tribunal, la transcription des actes et la reconnaissance internationale d’une convention déposée chez un notaire peuvent soulever des difficultés particulières. L’avocat vérifie aussi les règles applicables lorsque le mariage ou les actes d’état civil ont été établis hors de France.
Combien de temps prend une demande de divorce ?
Un divorce par consentement mutuel peut aboutir en quelques mois lorsque les époux disposent rapidement des pièces, s’accordent sur le patrimoine et respectent le délai de réflexion de quinze jours avant la signature. Les délais du notaire, la liquidation d’un bien immobilier et la transcription sur les actes d’état civil peuvent toutefois prolonger le calendrier.
Un divorce contentieux prend généralement davantage de temps. Plusieurs années sont possibles lorsque les demandes financières sont complexes, que les biens sont nombreux, que les preuves sont discutées ou que le tribunal connaît un encombrement important. L’altération définitive du lien conjugal suppose en outre une séparation de fait d’au moins un an pour engager la procédure sur ce fondement.
Pour accélérer le traitement, il faut transmettre des actes d’état civil récents, un inventaire patrimonial cohérent et des justificatifs financiers classés. Les délais dépendent aussi de la réactivité des parties, des échanges entre avocats et des audiences disponibles. Une estimation donnée au début du dossier reste indicative et peut changer après la découverte d’une dette, d’un bien non déclaré ou d’un désaccord sur les enfants.
Peut-on annuler ou modifier une demande de divorce après l’avoir déposée ?
La possibilité de revenir sur une demande dépend du stade de la procédure et de la forme du divorce. Dans une procédure contentieuse, l’époux demandeur peut renoncer à son instance dans certaines conditions, notamment avant que l’autre partie n’ait elle-même présenté des demandes au fond. L’avocat vérifie les conséquences procédurales avant toute désistement, car l’accord de l’autre époux peut devenir nécessaire.
Une convention de consentement mutuel n’est pas modifiable librement après sa signature et son dépôt chez le notaire. Avant la signature, les clauses peuvent être renégociées par l’intermédiaire des avocats. Une modification importante peut imposer de reprendre les formalités et le délai de réflexion. Après le divorce, les changements concernant les enfants ou une pension peuvent parfois être demandés en justice si un élément nouveau le justifie.
Le partage des biens obéit à un régime distinct. Une difficulté découverte après le divorce ne permet pas automatiquement d’annuler l’ensemble de la procédure. Il faut distinguer une erreur, une omission, une contestation du partage et une demande de révision d’une mesure familiale. Un avis juridique personnalisé est donc nécessaire avant de retirer une demande ou de signer un accord rectificatif.
Pour faire une demande de divorce, il faut d’abord consulter un avocat et réunir les actes d’état civil, justificatifs financiers et documents patrimoniaux. Le consentement mutuel conduit généralement à une convention déposée chez un notaire, tandis qu’un désaccord impose une saisine du juge par assignation. Les enfants, les biens immobiliers et la protection juridique d’un époux peuvent modifier la procédure. La préparation du dossier et la vérification des délais évitent les retards, sans garantir une durée identique pour chaque situation.





